MARC PEREZ QUARTET - "INFLUENCES" ( Clair & Net - Artement/les independants.com )
Nouvel album de Marc Perez, guitariste à la carrière musicale déjà bien remplie, et dont « Parfois » (2002), signé en duo avec son confrère Freddy Ricci de nouveau ici à ses côtés, est encore dans touts les mémoires. Deux musiciens superbement doués, qui, au sein d’un brillant nouveau quartet, font scintiller les multiples facettes de leur art, au travers d’un répertoire issu de la plume élégante et originale du leader. Inspiration soutenue, lyrisme flamboyant, complicité exceptionnelle, swing omniprésent, autant de qualités esthétiques qui caractérisent chacune des interprétations dont I Remember Django – hommage à l’une de ses influences (avec Jimmy Raney, Wes Montgoméry, et quelques autres)- constitue un sommet.
Incontournable..
CLAUDE OBERG - Chroniqueur à Jazz Magazine de 1964 à 2007 Collaborateur du Dictionnaire du Jazz (Laffont/Bouquins)
[La section Rythmique , tout en souplesse, est remarquablement assurée par Gilles Cardon (contrebasse), et Gérald Moniez (Batterie) ; un quartet exemplaire au service des 10 compositions du leader.
Dès le 1° titre « I hear a compo » , on croit entendre un véritable standard :swing relax, belle articulation, sonorité … ; pas de guitare mitraillette ici, de vaine démonstration ou de bavardage, mais une vraie complémentarité entre les deux guitares, entre lesquelles s’inscrivent les lignes pures et claires de la contrebasse, boostée en finesse par un drummer souvent aux balais. Superbe ballade mélancolique que Babick n’eut pas désavouée , « Parfois » fait inévitablement penser au fils de Django, notamment le phrasé aérien et la sonorité sensuelle de la guitare. Marc Perez aime les belles harmonies et les climats apaisés.
Le tempo est plus vif sur « Sala Samba » sur laquelle Marc Perez démontre qu’il a aussi des doigts et toujours une belle clarté d’articulation.
« Jojo Lino » , autre ballade inspirée, musarde avec beaucoup de sensibilité autour de la mélodie de « Sous le ciel de Paris ».
Le reste est du même tonneau ,notamment « I Remember Django » et « Salut Chet » , deux méditations très intériorisées ( Marc Perez n’a pas oublié que la musique est faite aussi de silence ) ou encore « La Bastide » ,médium à la jolie mélodie qui sonne là encore comme un vrai standard, avec rythmique plus appuyée et chorus lumineux et chantant. Le disque s’intitule « Influences » ; certes ; essentiellement celle des grands guitaristes américains des années 60 qui pointe le bout de son nez dans le style, le phrasé et la sonorité de Marc Perez ; mais le guitariste ne copie personne, sa personnalité conjugue sérénité, musicalité et inspiration.
Dire qu’un tel disque sort en autoproduction ! Que font les Labels ? Y a t’il encore des directeurs artistiques digns de ce nom dans notre beau pays ? Si vous aimez la belle guitare, le belle musique en général (normalement ça fait déjà beaucoup de monde !) , ce disque est pour vous.]
Francis Couvreux « Etudes tziganes »